Les clapeuses

” Venue de si loin, toi qui a du parcourir bien des chemins, te voilà ici, jupe, chemise, foulard, mouchoir et tablier gris. Veuve d’un mineur emporté par la silicose, pour nourrir ton enfant, tu devras chaque jour, trier, trier, trier, pendant des heures, de tes petite mains de femme si fines et délicates, ces tas de petits cailloux noirs salissants, servant à chauffer les chaumières des habitants. Tes yeux gris perle auront connu bien des chagrins, mais ils continuaient à briller comme des petits diamants sur ton visage noirci, et ton courage à su toujours mettre un sourire sur ton visage. Femme d’un passé lointain, tu as su nous montrer, par ce travail si peu facile, lorsque les wagonnets remontaient des entrailles de la mine, que le bonheur réside dans le cœur, et que la plus grande des richesses ne peut se trouver ailleurs. Alors aujourd’hui, je te dédie ce poème, afin que jamais Saint-Etienne n’oublie, que ses crassiers qui dominent la ville, sont nés de ton travail et de celui de tes camarades. Dorénavant bat dans cette ville un cœur de charbon ! “

Source : Le stéphanois à la casquette

2017-01-23T18:10:49+00:00